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Seuil de rentabilité freelance : calcul mensuel exact

Un freelance sur deux fixe son TJM sans calculer son seuil de rentabilité réel. Méthode chiffrée pour connaître votre CA minimum mensuel après URSSAF et impôts.

6 min de lecture·14 juillet 2026

Le TJM minimum viable : un chiffre que presque personne ne calcule correctement

L'erreur la plus courante : diviser le revenu mensuel cible par le nombre de jours travaillés dans le mois. Sur 22 jours ouvrés, un freelance qui veut 3 000 € net se fixe un TJM de 136 €. Ce chiffre est faux, et il est dangereux.

Il ignore trois réalités superposées. D'abord, les cotisations URSSAF : 21,2 % du CA brut pour les prestations de services relevant des BIC (taux 2024, URSSAF). Ensuite, les jours non facturables — prospection, administratif, congés, formation — qui représentent en moyenne 20 à 30 % du temps disponible selon les profils. Enfin, les mois creux, qui ne sont pas une exception mais une constante pour toute activité freelance.

Le TJM minimum viable, c'est le TJM en dessous duquel vous travaillez à perte — même si vous êtes occupé. Pas le TJM qui vous rend confortable. Celui qui couvre vos charges, vos provisions et votre revenu cible sur une base de jours facturables réalistes.

Prenons un cas concret. Objectif : 3 000 € net/mois. Taux URSSAF services BIC : 21,2 %. CA nécessaire avant URSSAF : 3 000 / (1 - 0,212) = 3 807 € — arrondi à 3 810 €. Si vous estimez 15 jours facturables réels par mois (et non 22), votre TJM minimum viable est de 254 €. Pas 136 €.

Calculer son seuil de rentabilité mensuel en partant des charges fixes

  • Mutuelle santé : entre 80 et 200 € selon la couverture choisie
  • Logiciel, abonnements professionnels, téléphone : 50 à 150 €/mois selon l'activité
  • Cotisation à une caisse de retraite complémentaire si vous en avez une
  • Espace de travail (coworking, loyer dédié) si applicable

Provisions à isoler chaque mois : URSSAF, impôt, irrégularité

Provisionner, ce n'est pas épargner. C'est isoler de l'argent qui ne vous appartient pas encore mais qui est déjà dû.

Pour un freelance en micro-entreprise, trois provisions sont non négociables. L'URSSAF d'abord : 21,2 % du CA encaissé chaque mois (services BIC, 2024). L'impôt sur le revenu ensuite : variable selon votre tranche, mais à estimer dès le départ sur la base de votre revenu net projeté. Et enfin, une provision pour mois creux — souvent oubliée, toujours douloureuse quand elle manque.

La provision pour irrégularité mérite un calcul à part. Si votre CA mensuel varie entre 2 000 € et 6 000 €, votre revenu moyen n'est pas 4 000 €. Il est inférieur, parce que les mois à 2 000 € ne sont pas compensés par les mois à 6 000 € si vous avez déjà dépensé l'excédent. La règle pratique : provisionner 10 à 15 % du CA encaissé dans un compte dédié, en plus de l'URSSAF et de l'impôt.

Sur un CA de 4 000 € en mois normal, la décomposition ressemble à ceci : 848 € d'URSSAF (21,2 %), 400 € de provision irrégularité (10 %), 300 € de charges fixes, soit 2 452 € disponibles avant impôt sur le revenu. Pas 4 000 €.

Rétro-calcul du TJM à partir du revenu net souhaité

Le rétro-calcul est l'approche inverse de ce que font la plupart des freelances. Au lieu de partir d'un TJM "de marché" et d'espérer que le revenu net soit suffisant, on part du revenu net cible et on remonte jusqu'au TJM.

La formule en quatre étapes :

1. Définir le revenu net mensuel cible (ex. : 3 500 €) 2. Ajouter les charges fixes mensuelles (ex. : 350 €) → besoin total : 3 850 € 3. Diviser par (1 - taux URSSAF) → 3 850 / 0,788 = 4 886 € de CA minimum 4. Diviser par le nombre de jours facturables réels (ex. : 16 jours) → TJM minimum : 305 €

Ce TJM de 305 € est votre plancher. En dessous, vous ne pouvez pas atteindre votre objectif, même en travaillant tous les jours disponibles. Au-dessus, chaque jour supplémentaire facturé améliore votre situation.

Ce calcul change radicalement la façon de négocier. Un TJM de 280 € peut sembler raisonnable "au marché". Sur ce rétro-calcul, il représente un manque à gagner de 400 € net par mois. Sur douze mois, c'est 4 800 € de revenu en moins — pour la même charge de travail.

Un dernier point souvent ignoré : le rétro-calcul doit être refait chaque année. Les taux URSSAF évoluent, vos charges fixes changent, votre tranche d'imposition se déplace. Un TJM correct en 2023 peut être insuffisant en 2025 sans que vous l'ayez remarqué.

Piloter sa trésorerie quand le CA est irrégulier

L'irrégularité des revenus freelance n'est pas un problème de discipline. C'est une structure inhérente à l'activité. La réponse n'est pas de "mieux gérer" mais de construire un système qui absorbe la variance.

Le principe de base : ne jamais piloter sur le CA encaissé du mois. Piloter sur une moyenne glissante sur trois mois. Si votre CA des trois derniers mois est de 3 200 €, 5 100 € et 2 800 €, votre CA de référence est 3 700 € — pas 2 800 €, pas 5 100 €. C'est sur cette base que vous calculez vos provisions et votre revenu disponible.

Deuxième règle : les mois à fort CA ne sont pas des mois de bonus. Ils sont des mois de reconstitution de trésorerie. Un freelance qui encaisse 7 000 € en mars après deux mois à 2 500 € n'a pas "rattrapé" le retard. Il a simplement atteint son niveau normal sur le trimestre.

Pour les factures, la numérotation et le suivi des encaissements, un outil comme [e-notae](https://enotae.fr) permet de générer des factures conformes sans inscription — ce qui évite les erreurs de numérotation qui compliquent le suivi de trésorerie.

La troisième règle est la plus difficile à appliquer : se verser un salaire fixe chaque mois, indépendamment du CA encaissé. Ce virement mensuel fixe est calculé sur la base du rétro-calcul vu plus haut. Tout ce qui dépasse les provisions et ce virement reste en trésorerie tampon.

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Calculer son seuil de rentabilité à la main prend du temps — et les erreurs d'arrondi s'accumulent vite. Setvero automatise ce rétro-calcul à partir de votre revenu cible, de votre taux URSSAF et de vos charges fixes réelles.

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