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Réduire ses impôts freelance sans investissement immobilier

Un freelance à 80 000€ de CA peut réduire sa facture fiscale de plusieurs milliers d'euros sans acheter un seul bien. Les leviers existent — voici lesquels.

3 min de lecture·22 juillet 2026

Un freelance qui facture 80 000€ par an en SASU peut légalement réduire son imposition de 5 000 à 12 000€ sans acheter un seul mètre carré. La plupart ne le font pas — non par manque de moyens, mais parce qu'ils ne savent pas par où commencer.

L'immobilier concentre 80% des articles sur la défiscalisation. C'est compréhensible : les dispositifs Pinel, Malraux ou LMNP sont médiatisés, vendus par des conseillers en gestion de patrimoine, et simples à expliquer. Mais ils supposent un apport, un crédit, une gestion locative, et un horizon de 9 à 15 ans. Pour un indépendant dont le revenu fluctue d'un trimestre à l'autre, c'est souvent le mauvais outil.

Les leviers sans immobilier sont moins visibles. Ils sont pourtant accessibles dès la première année d'activité, sans capital initial, et parfois dès le mois suivant.

Épargne retraite et PER : le levier le plus sous-utilisé par les indépendants

Un versement de 10 000€ sur un Plan d'Épargne Retraite individuel réduit le revenu imposable de 10 000€. Pour un freelance dans la tranche à 41%, c'est 4 100€ d'impôt en moins la même année.

Le plafond de déduction PER pour un indépendant est calculé sur le revenu professionnel net : 10% du bénéfice imposable, dans la limite de 35 194€ pour 2024 (plafond PASS, source : impots.gouv.fr). Les plafonds non utilisés des trois années précédentes sont reportables — ce qui signifie qu'un freelance qui n'a rien versé depuis trois ans peut déduire jusqu'à quatre années de plafonds cumulés en une seule fois.

C'est de l'argent mis de côté pour la retraite, pas perdu. La différence avec un investissement immobilier : aucun apport, aucun crédit, aucune gestion. Un virement suffit.

Se verser un salaire ou des dividendes : l'arbitrage qui change la note fiscale

En SASU, le président peut choisir de se rémunérer en salaire, en dividendes, ou en combinant les deux. Ce choix a un impact direct sur l'impôt et les cotisations sociales — et la bonne répartition n'est pas la même selon le niveau de CA.

Un salaire de 3 000€/mois génère environ 45% de charges sociales patronales et salariales (source : URSSAF 2024), mais ouvre des droits à la retraite et à l'assurance maladie. Les dividendes versés au-delà de 10% du capital social sont soumis aux cotisations sociales en SASU (flat tax de 30% sinon). En EURL à l'IS, les dividendes sont soumis aux cotisations TNS dès le premier euro — ce qui change radicalement le calcul.

La règle empirique que beaucoup de conseillers appliquent — "versez-vous 50% en salaire, 50% en dividendes" — est une approximation grossière. Elle ignore votre tranche marginale d'imposition, votre situation familiale, et vos plafonds PER disponibles. À 80 000€ de bénéfice, la différence entre une répartition optimisée et une répartition par défaut peut dépasser 6 000€ net par an.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Peut-on vraiment réduire ses impôts sans investir, ou c'est marginal ?

Non, ce n'est pas marginal. Un freelance en SASU à 80 000€ de CA qui optimise son régime de rémunération, verse 8 000€ sur un PER et déduit correctement ses charges Madelin peut réduire sa facture fiscale de 5 000 à 10 000€ par an. Ces leviers sont cumulables et accessibles sans capital de départ.


Le PER est-il bloqué jusqu'à la retraite ?

En principe oui, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi : achat de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, surendettement, fin de droits au chômage, liquidation judiciaire (source : article L224-4 du Code monétaire et financier). Pour un freelance qui veut garder de la liquidité, c'est un point à peser avant de verser des montants importants.


La micro-entreprise peut-elle encore être intéressante fiscalement au-delà de 50 000€ de CA ?

Rarement. Au-delà de 50 000€ de CA en services, l'abattement forfaitaire de 34% couvre de moins en moins les charges réelles, et l'absence de déduction des cotisations Madelin ou du PER sur le bénéfice (la micro ne permet pas de déduire les versements PER du résultat) pèse lourd. À ce niveau de CA, rester en micro-entreprise est dans la grande majorité des cas le mauvais choix fiscal — sauf situation très particulière.

Setvero

Chaque levier présenté ici a un impact différent selon votre CA, votre statut et votre tranche marginale. Setvero vous permet de simuler ces arbitrages sur votre situation réelle, en quelques minutes.

Un freelance à 80 000€ de CA peut réduire sa facture fiscale de plusieurs milliers d'euros sans acheter un seul bien. Les leviers existent — voici lesquels.

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