CA vs revenu net freelance : ce que vous gardez vraiment
Entre votre CA et ce que vous touchez réellement, l'écart dépasse souvent 40%. Calcul précis des charges URSSAF, impôts et provisions à mettre de côté.
Sur 10 000 € de chiffre d'affaires encaissé en micro-entreprise (activités de services BIC), un freelance garde en moyenne entre 5 500 € et 6 500 € net — selon sa tranche d'imposition. Le reste part en cotisations sociales, en impôt sur le revenu, et dans les mois sans mission que personne ne comptabilise jamais dans son TJM de départ.
Ce n'est pas un problème de régime fiscal. C'est un problème de calcul.
La plupart des freelances fixent leur tarif en partant du revenu mensuel qu'ils veulent atteindre, divisent par 20 jours, et obtiennent un TJM qui les appauvrit progressivement. L'erreur n'est pas dans la formule — elle est dans ce qu'on oublie de soustraire avant de diviser.
Rétro-calcul : quel TJM pour 3 000 € net par mois ?
Voici le calcul dans l'ordre inverse — celui que les freelances auraient dû faire avant de fixer leur tarif.
Objectif : 3 000 € net par mois, soit 36 000 € net annuel.
On suppose une tranche marginale d'imposition à 30%, un abattement BIC de 34%, et 10 mois facturables réels sur 12 (congés, prospection, mois creux).
Étape 1 — remonter à la base imposable IR. Pour obtenir 36 000 € net après IR à 30%, il faut environ 51 400 € de revenu imposable (calcul simplifié, hors décote et autres revenus du foyer).
Étape 2 — remonter au CA avant abattement. L'abattement BIC de 34% s'applique sur le CA. Pour obtenir 51 400 € de base imposable, le CA doit être d'environ 77 900 € (51 400 / 0,66).
Étape 3 — vérifier la cohérence avec les cotisations. Sur 77 900 € de CA, les cotisations URSSAF représentent 16 515 € (21,2%). Le CA net de cotisations est donc 61 385 €. Après IR estimé à 15 400 €, il reste environ 46 000 € — soit 3 830 € par mois sur 12 mois, ou 3 067 € sur 15 mois si l'on intègre les périodes non facturées.
Ce calcul n'est pas parfait — il dépend de votre situation fiscale globale. Mais il montre que viser 3 000 € net impose un CA annuel d'au moins 75 000 à 80 000 €, soit un TJM de 375 à 400 € sur 200 jours facturables. Pas 150 €.
Si vous êtes en train de formaliser votre TJM dans un contrat de prestation, vérifiez que vos conditions de paiement et de révision tarifaire sont verrouillées — Contracto (https://contracto.fr) permet de sécuriser ces clauses avant de signer.
Provisionner correctement quand les revenus sont irréguliers
L'irrégularité des revenus freelance est le vrai problème de trésorerie — pas le niveau des charges.
Un mois à 8 000 € de CA suivi d'un mois à 1 500 € ne produit pas 4 750 € de revenu moyen : il produit une trésorerie tendue au deuxième mois si les provisions du premier n'ont pas été isolées immédiatement. La provision doit être calculée et virée le jour de l'encaissement, pas en fin de trimestre.
Le taux de provision minimal à appliquer sur chaque encaissement en micro-entreprise (services BIC) est de 21,2% pour l'URSSAF. À cela s'ajoute une provision IR à calibrer selon votre tranche effective — entre 5% et 15% du CA selon votre situation. En pratique, provisionner 35% de chaque encaissement est une base raisonnable pour un freelance en tranche à 30%.
Ce que beaucoup oublient : les cotisations URSSAF sont déclarées par trimestre (ou par mois sur option), mais elles s'accumulent sur chaque euro encaissé. Un trimestre à 20 000 € génère 4 240 € de cotisations exigibles d'un coup. Sans provision mensuelle, ce montant surprend.
Si vous émettez vos factures au fil des missions, la numérotation et la conformité de chaque document comptent aussi pour votre suivi de trésorerie — e-notae (https://enotae.fr) génère des factures conformes sans inscription, ce qui évite les erreurs de TVA ou de mentions obligatoires qui compliquent la réconciliation comptable.
Calculer à la main ce qu'il reste après URSSAF et impôts prend du temps — et les erreurs d'arrondi s'accumulent vite sur une année entière. Setvero automatise ce calcul en temps réel, provision par provision, encaissement par encaissement.
Entre votre CA et ce que vous touchez réellement, l'écart dépasse souvent 40%. Calcul précis des charges URSSAF, impôts et provisions à mettre de côté.
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